07/08/2026
Le statut ALD entre dans une phase de transformation : un nouveau parcours de prévention vient d'être créé, et les critères d'entrée sont désormais sur la table. On fait le point.
À quoi sert le statut ALD ?
Le statut d'affection de longue durée, ou ALD, permet une exonération du ticket modérateur. Le ticket modérateur est la part du tarif de la Sécurité sociale qui reste normalement à votre charge après remboursement. Quand une ALD dite exonérante est reconnue, les soins et traitements en lien avec cette affection sont pris en charge à 100 % du tarif de la Sécurité sociale.
La polyarthrite rhumatoïde figure sur cette liste sous le numéro 22, ce qu'on appelle couramment l'ALD 22. Concrètement, ce sont vos consultations de suivi, vos examens et vos traitements de fond qui sont couverts à ce titre.
Deux limites à connaître. L'exonération ne couvre que ce qui est en lien avec l'affection reconnue, et elle ne fait pas disparaître la participation forfaitaire, les franchises médicales ni les éventuels dépassements d'honoraires.
Deux choses avancent en même temps
C'est la source principale de confusion. Il y a d'un côté une mesure votée qui crée un nouvel accompagnement en amont de l'ALD, communément appelée la « pré-ALD ». Il y a de l'autre une réflexion à l'étude sur les critères d'entrée en ALD. Ce sont deux sujets différents, avec deux calendriers différents.
Ce qui est voté : la « pré-ALD »
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 crée un parcours d'accompagnement préventif, accessible sur prescription médicale. Il s'adresse aux personnes dont l'état de santé risque d'évoluer vers une affection de longue durée, avec un objectif simple : intervenir plus tôt pour retarder cette entrée, voire l'éviter.
Aujourd'hui, l'accompagnement arrive une fois la maladie installée, quand l'ALD est reconnue. Ce parcours propose d'agir avant, à un moment où l'évolution peut encore être infléchie. Son panier de soins pourrait comprendre des prestations aujourd'hui non remboursées, notamment l'activité physique adaptée. Et grâce à l'intervention des associations de patients, aucun dépassement d'honoraires ne pourra être facturé dans ce parcours.
Les pathologies pressenties à ce stade sont l'hypertension artérielle, l'obésité et le diabète sans complication. Des informations plus précises sont attendues en octobre.
Ce qui est à l'étude : les critères d'entrée en ALD
La Haute Autorité de santé a été saisie de la question des critères d'entrée en ALD. Dans le débat en cours, certaines contributions proposent de recentrer le dispositif sur les situations les plus sévères.
Rien n'est arrêté à ce jour, et aucun texte n'est publié. Mais nous restons très attentifs, parce que la façon dont on définit une « situation sévère » n'est pas neutre pour une maladie comme la polyarthrite rhumatoïde. Elle évolue par poussées, et une rémission obtenue sous traitement dépend précisément de la poursuite de ce traitement. Une photographie prise un jour où les marqueurs inflammatoires sont bons ne dit pas grand-chose de la réalité d'une vie avec la maladie.
Et la polyarthrite rhumatoïde, alors ?
Aujourd'hui, rien ne change. L'ALD 22 reste en vigueur et votre prise en charge n'est pas remise en cause. Vous n'avez aucune démarche à effectuer, et aucune information ne justifie de modifier quoi que ce soit à votre suivi.
Sur ces dossiers, notre travail à l’ANDAR consiste à être présents là où les décisions se préparent : porter la réalité de la polyarthrite rhumatoïde auprès des institutions, obtenir des garanties concrètes comme l'absence de dépassements d'honoraires dans le nouveau parcours préventif, et vous transmettre une information vérifiée. Ce travail ne tient qu'à une chose, le nombre de personnes que nous représentons : c'est ce qui nous ouvre les portes et donne du poids à ce que nous disons. Si cet article vous a été utile, adhérez à l'ANDAR ou faites un don, et parlez de nous autour de vous. C'est ce qui nous permet de continuer !
