10/07/2026
L'été venu, les conseils de protection solaire circulent partout : crème, chapeau, rester à l’ombre aux heures chaudes. Pour les personnes vivant avec la polyarthrite rhumatoïde (PR), ces précautions ne sont pas de simples recommandations de confort. Certains traitements de fond, certaines biothérapies et la cortisone prise au long cours modifient la façon dont la peau réagit au soleil, parfois de manière significative. Voici ce que disent les données disponibles, et comment adapter vos habitudes sans renoncer à profiter de l'été.
Traitements de fond et soleil : des situations différentes selon la molécule
Tous les traitements de la PR n'interagissent pas de la même façon avec le soleil, et il est utile de ne pas les mettre dans le même panier.
L'hydroxychloroquine
L'hydroxychloroquine (Plaquenil) est le traitement pour lequel la photosensibilité, cette réaction cutanée exagérée à l'exposition solaire (rougeur, brûlure, éruption), est officiellement reconnue comme effet indésirable possible. Il s'agit d'un point distinct de la toxicité rétinienne du Plaquenil, qui justifie une surveillance ophtalmologique régulière mais qui dépend de la dose cumulée et de la durée du traitement, pas de l'exposition au soleil : les deux sujets sont parfois confondus à tort.
Le methotrexate
Le methotrexate, contrairement à une idée répandue, n'est pas à proprement parler un médicament photosensibilisant : il ne rend pas la peau plus vulnérable à un coup de soleil en soi. En revanche, un phénomène bien documenté existe, celui du « rappel » ou de la réactivation : un coup de soleil récent peut se manifester de façon plus sévère, parfois avec des cloques, dans les jours qui suivent une prise de méthotrexate. Le Club Rhumatismes et Inflammations (CRI) recommande donc aux patients sous méthotrexate de se protéger soigneusement des coups de soleil, et, en cas de coup de soleil malgré tout, d'en parler à son rhumatologue : une interruption temporaire du traitement est parfois proposée, le temps que la peau cicatrise.
La sulfasalazine
La sulfasalazine (Salazopyrine), comme d'autres médicaments de la famille des sulfamides, peut également provoquer une photosensibilisation, effet répertorié dans sa notice, bien que sa fréquence exacte reste mal établie. Pour le léflunomide (Arava), la notice officielle ne mentionne pas de photosensibilité, mais quelques cas cliniques publiés suggèrent un effet phototoxique possible : la prudence reste de mise, sans certitude scientifique établie à ce stade.
Dans tous les cas, la meilleure approche reste d'interroger votre rhumatologue ou votre pharmacien sur le traitement que vous prenez spécifiquement, plutôt que de généraliser d'une molécule à l'autre.
Nos conseils pratiques pour l'été
Adaptez votre protection à l'indice UV du jour et évitez autant que possible les sorties non protégées entre 12h et 16h. Portez des vêtements couvrants, un chapeau et des lunettes de soleil filtrantes, en complément d'une crème solaire d'indice 30 minimum renouvelée toutes les deux heures. Parlez à votre rhumatologue ou à votre pharmacien du profil de votre traitement spécifique : tous ne présentent pas le même risque, et votre équipe soignante peut vous donner des conseils adaptés à votre situation. Si vous prenez du méthotrexate, protégez-vous particulièrement des coups de soleil et signalez toute brûlure solaire à votre médecin ou pharmacien. Si vous êtes sous inhibiteur de JAK, prenez l'habitude d'examiner votre peau régulièrement et de signaler toute lésion inhabituelle. Enfin, ne modifiez ni n'interrompez jamais un traitement de votre propre initiative : toute question sur une réaction cutanée doit être discutée avec votre équipe soignante.
Et surtout, profitez bien de l'été !




